Historique des TCC

 

Schématiquement, on peut dire que ces thérapies se développent et évoluent en trois temps, en trois "vagues". Chaque "vague" représente un progrès par rapport à la précédente, sans pour autant l'annuler. Elle vient plutôt la compléter et l'enrichir.

 

 

La première "vague" est celle des thérapies comportementales, qui apparaissent à la fin des années 50, dans les pays anglo-saxons. Ces thérapies naissent d'une insatisfaction vis à vis à la fois de la démarche psychiatrique et médicale de l'époque, et des approches subjectives et introspectives , comme la psychanalyse. Elles résultent aussi du souhait des thérapeutes de vraiment prendre en compte les découvertes de  la psychologie scientifique.

 

La théorie de référence est alors celle du comportementalisme, qui cherche à décrire et comprendre le comportement humain, sans recourir à l'introspection, sans "ouvrir la boite noire" (lieu des pensées, rêves, fantasmes), mais en ne prenant en compte que ce qui est objectivement observable. Les théories de l'apprentissage, les notions de conditionnement, prennent une place importante et montrent comment les comportements, même ceux qui posent problème à l'individu et le font souffrir, sont "appris" et peuvent, en quelque sorte se "désapprendre".

 

Sur la base des travaux de chercheurs comme PAVLOV (1849-1936), WATSON (1878-1958), WOLPE (1915-1997) et SKINNER (1904-1990), des méthodes thérapeutiques se développent pour traiter les phobies et, plus largement, les troubles anxieux. La technique de la désensibilisation systématique, par exemple, est alors mise au point.

 

Ces thérapies comportementales considèrent donc  que les comportements humains ont un rôle essentiel dans l'apparition, le maintien  et l'accentuation des troubles mentaux. Les théories de l'apprentissage offrent un cadre pour les comprendre et pour modéliser leur traitement. Ces thérapies reposent sur une analyse rigoureuse des comportements-problèmes, sur la définition d'objectifs clairs et précis,  sur une évaluation systématique de l'efficacité de la thérapie. 

Rigoureuses, mettant en oeuvre des protocoles scientifiquement validés, les thérapies comportementales ont une réelle efficacité... mais aussi des limites. Heureusement, la recherche scientifique ne s'arrête pas là.

 

 

La deuxième "vague" est celle de la thérapie cognitive qui, en s'articulant avec la première, deviendra thérapie comportementale et cognitive. Les chercheurs acceptent alors d'ouvrir la "boite noire", pour s'intéresser à la manière dont le cerveau traite l'information. L'ordinateur sert de modèle et de métaphore pour comprendre la pensée humaine, le fonctionnement cognitif de l'individu. La psychologie cognitive, les neurosciences cognitives, prennent leur essor.

 

Sur la base de ces évolutions scientifiques, des thérapeutes comme Aaron BECK (né en 1921) ou Albert ELLIS (1913-2007) fondent la thérapie cognitive. Cette forme de thérapie reconnaît que les pensées (ou cognitions) que l'individu développe sur lui-même, sur le monde et sur l'avenir, ont une influence sur les émotions éprouvées et sur les comportements. Dès lors, modifier un comportement-problème ou une émotion gênante, revient à identifier, questionner et modifier les pensées sous-jacentes, qui s'avèrent souvent dysfonctionnelles.

 

Cette deuxième "vague" s'inscrit dans la période des années 80 et 90.

 

 

Enfin, la troisième "vague",qui nous est contemporaine, est la "vague" émotionnelle, qui propose un rapport nouveau aux symptômes, aux pensées et aux émotions. Il ne s'agit plus de modifier un comportement problème, comme dans l'approche comportementale, ou une pensée dysfonctionnelle, comme le préconise la thérapie cognitive, mais de changer le rapport de l'individu à son symptôme, à sa pensée, à ses émotions. La notion d'acceptation rend compte de ce changement de perspective thérapeutique.

 

Les thérapies d'acceptation et d'engagement, développées par HAYES, STROSAHL et WILSON, ou celles basées sur la pleine conscience, à la suite des pratiques de KABAT-ZINN, participent de ce courant.

 

 

 

 

Pour ma part, la pratique thérapeutique que je propose dans mon cabinet s'inscrit dans les deux premières "vagues", en empruntant ponctuellement des apports de la troisième "vague".

 

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